Radon : qu'est-ce que c'est et comment savoir s'il est présent?
Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration de l'uranium présent dans le sol. Il s'infiltre dans les bâtiments par le sous-sol et les fissures, sans couleur ni odeur : il est donc impossible de le détecter par les sens. La seule façon de savoir s'il y en a et à quelle concentration est de mesurer l'air intérieur. Santé Canada recommande d'agir lorsque la concentration moyenne annuelle dépasse 200 Bq/m³ [1].
En bref
- Le radon est un gaz radioactif naturel, invisible et inodore, présent partout à des degrés variables.
- Il entre dans les maisons par le sol : sous-sol, dalle, fissures, joints, drains et vides sanitaires.
- On ne peut ni le voir ni le sentir : seule une mesure de l'air intérieur renseigne sur la concentration.
- Santé Canada fixe une ligne directrice de 200 Bq/m³ (concentration moyenne annuelle) au-delà de laquelle une action est recommandée [1].
- Une mesure de longue durée (plusieurs mois, idéalement en saison de chauffe) est plus représentative qu'un test court.
- La concentration varie d'une maison à l'autre, même entre voisins : seul un test dans votre propre logement est concluant.
D'où vient le radon et comment il entre dans un bâtiment
Le radon provient de la désintégration naturelle de l'uranium contenu dans la roche et le sol. Ce processus se produit partout, mais en quantités très inégales selon la géologie locale. Le gaz migre à travers le sol et cherche à s'échapper vers la surface; lorsqu'un bâtiment repose sur ce sol, une partie du radon peut s'y accumuler plutôt que de se diluer dans l'air libre.
Les points d'entrée typiques sont ceux qui mettent l'intérieur en contact avec le sol : fissures dans la dalle ou les fondations, joints entre la dalle et les murs, ouvertures autour des tuyaux, puisards et drains, planchers de terre battue et vides sanitaires. La pression légèrement négative créée à l'intérieur d'une maison chauffée tend d'ailleurs à aspirer l'air du sol, ce qui explique pourquoi les concentrations sont souvent plus élevées en hiver, portes et fenêtres fermées.
Pourquoi la concentration importe
Selon Santé Canada, l'exposition au radon sur de longues périodes peut être associée à un risque accru pour la santé pulmonaire, et ce risque augmente avec la concentration et la durée d'exposition [1]. Il ne s'agit pas d'un danger immédiat comme une intoxication au monoxyde de carbone : la préoccupation porte sur une exposition prolongée à des concentrations élevées, année après année.
C'est pour cela que la ligne directrice canadienne s'exprime en moyenne annuelle plutôt qu'en pointe ponctuelle. Une valeur mesurée sur quelques jours peut être trompeuse, car la concentration fluctue selon la saison, la météo, l'usage du chauffage et de la ventilation. Ce contenu est éducatif et ne remplace pas un avis médical : pour toute inquiétude de santé personnelle, consultez un professionnel de la santé.
Mesure de longue durée ou de courte durée?
Santé Canada privilégie une mesure de longue durée, généralement d'au moins trois mois et de préférence durant la saison de chauffage, parce qu'elle reflète mieux la moyenne annuelle à laquelle les occupants sont réellement exposés [1]. Le dispositif est placé dans une pièce occupée du niveau le plus bas habité, puis analysé.
Une mesure de courte durée peut donner une première indication rapide, mais elle est plus sensible aux conditions du moment et sert surtout de dépistage préliminaire. Lorsqu'un test court révèle une valeur élevée, une mesure de longue durée est recommandée pour confirmer avant d'entreprendre des travaux.
- Longue durée (≥ 3 mois, saison de chauffe) : la plus représentative pour comparer à la ligne directrice.
- Courte durée : dépistage rapide, à confirmer par une mesure longue si le résultat est élevé.
- Emplacement : niveau le plus bas régulièrement occupé, dans une pièce de vie, loin des courants d'air directs.
Quand vérifier
Lorsque vous n'avez jamais mesuré le radon dans votre logement : c'est la seule façon de connaître la situation réelle.
Avant ou après des travaux touchant le sous-sol, la dalle ou l'étanchéité des fondations, qui peuvent modifier les entrées d'air du sol.
Lors de l'aménagement d'un sous-sol en espace de vie ou en chambre à coucher, où le temps passé augmente.
Lors d'une transaction immobilière, pour documenter l'état du bâtiment.
Si un voisin a obtenu une valeur élevée : la géologie peut être similaire, mais votre maison doit être testée pour conclure.
Repères officiels
Santé Canada recommande de réduire la concentration de radon lorsque la moyenne annuelle dépasse 200 Bq/m³, et privilégie une mesure de longue durée pour l'évaluer [1].
Santé Canada indique que le seul moyen de connaître la concentration de radon dans un bâtiment est de la mesurer, puisque le gaz est indétectable par les sens [1].
L'INSPQ documente le radon comme enjeu de santé publique au Québec et rappelle l'importance du dépistage dans les habitations [2].
Comment investiguer
Un dosimètre est installé dans une pièce occupée du niveau le plus bas habité, à l'écart des sources de chaleur, de l'humidité directe et des courants d'air.
Le dispositif reste en place pendant la durée prévue (courte ou longue), pendant que la maison est utilisée normalement.
Le dosimètre est ensuite envoyé à un laboratoire qui calcule la concentration; le rapport la compare à la ligne directrice de Santé Canada.
Si la valeur est élevée, l'étape suivante consiste à envisager des mesures de réduction (mise sous dépression du sol, scellement des entrées), généralement réalisées par des spécialistes de l'atténuation du radon.
Limites
Une mesure ne vaut que pour la période et l'emplacement testés : les concentrations varient dans le temps et d'une pièce à l'autre.
Un test court n'est qu'un dépistage : il ne remplace pas une mesure de longue durée pour se comparer à la moyenne annuelle.
Mesurer le radon ne le réduit pas : l'atténuation, lorsqu'elle est requise, relève d'un travail distinct confié à des spécialistes.
MR Qualité d'Air n'offre pas de service de radon dédié ni de travaux d'atténuation; nous pouvons toutefois discuter de votre situation et vous orienter.
Prochaines étapes
Si aucune mesure n'a jamais été faite : planifiez un test de longue durée en saison de chauffe pour obtenir une valeur représentative.
Si la valeur est inférieure à la ligne directrice : conservez le rapport et refaites une mesure après des travaux majeurs au sous-sol.
Si la valeur dépasse 200 Bq/m³ : confirmez au besoin par une mesure longue, puis renseignez-vous sur les techniques d'atténuation auprès de spécialistes.
Pour discuter de la qualité de l'air intérieur de façon plus large, nous sommes disponibles : voir la page contact.
Questions fréquentes
Peut-on sentir ou voir le radon?
Non. Le radon est incolore, inodore et sans saveur. Aucun symptôme immédiat ne permet de repérer sa présence. C'est justement pourquoi Santé Canada insiste sur la mesure : c'est le seul moyen de savoir s'il y en a et à quelle concentration.
Toutes les maisons ont-elles un problème de radon?
Non. Le radon est présent partout à des degrés variables, mais la concentration à l'intérieur dépend de la géologie du sol, de la construction et de l'étanchéité du bâtiment. Deux maisons voisines peuvent afficher des valeurs très différentes; seule une mesure dans votre propre logement est concluante.
Quand faut-il agir selon Santé Canada?
Santé Canada recommande d'entreprendre des mesures de réduction lorsque la concentration moyenne annuelle dépasse 200 Bq/m³. En deçà, le risque est considéré plus faible, mais réduire la concentration reste toujours bénéfique lorsque c'est possible [1].
MR Qualité d'Air fait-il des tests de radon?
Nous n'offrons pas de service de radon dédié. Notre expertise porte sur la qualité de l'air intérieur et les contaminants comme les moisissures et l'amiante. Si le radon vous préoccupe, contactez-nous : nous pouvons discuter de votre situation et vous orienter vers la bonne démarche.
Un test de courte durée suffit-il?
Il donne une première indication, mais il est sensible aux conditions du moment. Pour se comparer à la ligne directrice, qui s'exprime en moyenne annuelle, une mesure de longue durée (au moins trois mois, idéalement en hiver) est nettement plus fiable.